PORCELETTE, un village de la Renaissance

08 août 2011

blog du livre sur

PORCELETTE

un village Renaissance

« … Le regard que nous portons

sur quatre siècles d’existence de Porcelette,

nous donne tout à la fois un sentiment

d’ancien et de récent…

 …Cette parution complète donc naturellement d’autres écrits,

en insérant Porcelette en ce début du XVIIe siècle, âge d’or du Duché de Lorraine,

dans un mouvement européen de créations de villages nouveaux…

 …Cet ouvrage inscrit aussi Porcelette dans un destin particulier avec la Provence,

au travers de la famille de Maillane, venue servir les Ducs de Lorraine

et dont Jean des Porcelets de Maillane a fondé Porcelette en 1611…"

 Eddie MULLER Maire de Porcelette

 

 BLASON_porcelette_1__1_


quelques cartes

cartecarte2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les fondations de villages aux XVIIe et XVIIIe siècle.                          Carte du Warndt de la fin du XVIe siècle.       

 

carte3carte4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maisons de Porcelette réprésentées

sur une nouvelle carte d’arpentage                                                      Carte de la région de Saint-Avold,

du Kirchenberg en 1748.                                                                           fin XVIe siècle.

                                                                                                       

                                                    

 

gravures

baton de commandement

 

 

 

Le maréchal de Lorraine (Jean du Châtelet, seigneur des Thons)

et le maréchal de Barrois(Jean des Porcelets de Maillane),

avec leur bâton de commandement,

lors des funérailles du duc Charles III en 1608.

 

 

 

miracle

 

 

Le miracle de saint Mansuy, gravure de Jacques Callot.

Le graveur a prêté les traits de Jean de Porcelets

au saint évangélisateur de Toul

en train de sauver de la mort le fils du prince païen local.


 

 

jcallot

 

 

 

Détail de la gravure de Jacques Callot,

La généalogie de la famille de Porcelets de Maillane.

Ici, les exploits de Guillaume au XIIIe siècle.

 

 

 

 

cortège

 



Jean de Porcelets de Maillane, évêque de Toul,

dans le cortège de la pompe funèbre du duc

Charles III en 1608.




06 août 2011

les auteurs

 Table des matières :

Préface : Eddie MULLER

Introduction : Philippe MARTIN

 

 I - LE CONTEXTE RELIGIEUX

 Les questions religieuses en France (fin XVIe - début XVIIe siècle)

Yves KRUMENACKER

Le calvinisme à Metz et dans le Pays messin au début du XVIIe siècle

Julien LEONARD

Une abbaye lorraine réformée par Jean des Porcelets de Maillane

Pascal FLAUS

II - UN “EVEQUE FONDATEUR” ET SA FAMILLE

 La famille provençale de Jean des Porcellets de Maillane

Frédéric MEYER

Miles et theologus. Les deux visages de Jean des Porcelets de Maillane, maréchal de Lorraine (1545-1613)

Alain CULLIERE

Un évêque devant ses historiens. La perception historiographique de la vie de Jean des Porcelets de Maillane, XVIIe-XXIe siècle

Stefano SIMIZ

 

III. UN VILLAGE DE FRONTIERE

 Vivre au début du XVIIe siècle : le Journal de Jean Bauchez

Aurélie PREVOST

La fondation de Porcelette

Thomas METZINGER

Porcelette, un village ad fines : réalités frontalières entre France, Lorraine et Saint Empire

Laurent JALABERT

 ___________________________ 

Un circuit historique : Thomas METZINGER

 

quelques lignes

 

 Les changements du XVIIe siècle : Porcelette, une terre française

 

Une autre réalité saisit l’espace du village fondé en 1611. Cette fondation se situe sur des terres de l’abbaye bénédictine de Saint-Avold mais dans la mouvance de l’évêché de Metz. De fait, avec Oberwiese un peu plus à l’ouest, c’est une petite enclave française qui se développe : latente au temps des friches boisées, elle devient plus intéressante avec un village et des hommes, surtout aussi près du Nassau et aussi loin dans l’espace lorrain.

Le village de Porcelette appartient ainsi, bien involontairement, à la politique de pénétration française dans l’aire lorraine. Lorsque le roi de France s’empare des Trois-Évêchés, dans le cadre de l’alliance scellée avec les princes d’Empire protestants révoltés contre Charles Quint en janvier 1552, les trois villes évêchoises tombent entre les mains d’Henri II mais également leurs temporels, dont celui de l’évêché de Metz qui s’étend très à l’est, dans un espace largement dominé par des princes protestants. Après le “voyage d’Allemagne” d’Henri II, la mainmise française s’organise peu à peu. De 1601 à 1614, le domaine des Trois-évêchés est rangé sous la souveraineté royale, alors que les trois diocèses passent également sous régime français. Au début du XVIIe siècle, le royaume de France s’accroit, même si dans la région qui nous intéresse, il s’agit parfois de poussières territoriales.

 

 

Comme bien souvent dans les traités, la formulation est assez vague¸ “suprême Seigneurie”, pour laisser libre cours à une interprétation assez large, du côté français, bien entendu. Cette reconnaissance officielle suivait de trois décennies la création du village de Porcelette.

L’appartenance à l’évêché de Metz fait donc du territoire de Porcelette une terre de France. Initialement, l’ensemble du temporel de Metz n’est pas entièrement sous la tutelle française mais, à compter notamment de la première décennie du XVIIe, au moment où Henri IV est libéré des soucis liés à la guerre civile, la monarchie se montre plus entreprenante. Les prélats lorrains, pour beaucoup encore liés à la maison de Lorraine, résistent. Pour l’évêché de Metz, la nomination du cardinal de Givry (1608-1612) doit assurer une administration française de l’ensemble du temporel mais rien n’est simple : Givry résiste aux pouvoirs conférés au gouverneur, pouvoirs quasi équivalents aux siens sur l’évêché12. La nomination d’Henri de Bourbon-Verneuil permet d’assoir les entreprises françaises et l’intégration dans le gouvernement des Trois-évêchés. Progressivement, il a fallu persuader les évêques de laisser leur temporel passer entre les mains de l’administration royale. L’un des points d’orgue de cette politique est la création, le 16 janvier 1633, du Parlement de Metz qui devient l’instance judiciaire pour les temporels évêchois et l’incarnation du passage à la juridiction française. En 1641 est créé le bailliage de Metz auxquels sont rattachés les territoires du temporel évêchois13.

 

 

La fondation du village de Porcelette en 1611 participe d’un vaste mouvement de fondation de hameaux, de villages et de quelques villes, mouvement amorcé dès 1504 mais important surtout à partir des années 1570, stoppé vers 1630 puis reprenant à partir de 1680 et au moins jusqu’en 1738. Ces fondations se font dans le nord-est de la Lorraine, principalement dans le bailliage d’Allemagne mais également en Sarre. Parmi elles, les agglomérations rurales, lorraines, peuvent être regroupées, du nord-ouest au sud-est, en quatre ensembles. Quinze villages furent fondés dans l’ancien office de Sierck de 1570 à 1630, huit sur les grès de la boutonnière du Warndt ou aux abords immédiats de celle-ci (on peut citer Lachambre et Merlebach en 1585, Freyming en 1602, Redlach, Henriville, Porcelette bien sûr, mais aussi Neu-Felsberg et Neu-Forweiller en 1704, villages situés non-loin de Saarlouis), sept au pays des étangs, six enfin à la limite des basses Vosges (dont Tanconville en 1738). Ces fondations représentent le quinzième environ des lieux habités du bailliage en 1630. Elles se firent à une époque relativement calme en Lorraine. Le souci d’installer des colons souvent romans et catholiques participait sans doute de la volonté des ducs d’asseoir leur autorité, de renforcer leur territoire de l’intérieur, mais la volonté, pour un seigneur terrien, de procéder à une fondation relevait plus simplement de la perspective d’un profit matériel nouveau ; les besoins en argent étaient constants.